29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 13:32

Déniaper = démonter, désosser, déchiqueter, mettre quelque chose en petits bouts.

 

"Regarde-moi le... il a tout déniapé sa mobylette. Tu crois qu'il va savoir la r'monter ?"

 

"Le Jeannot a déniapé toutes les fleurs de Mamie. Attention quand elle va l'voir !"

 

 

Par extension :

 

"Il s'est déniapé le genou au foot."

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 21:39

QU’EST-CE QUE LE CH’NI ?

 

Chez nous, en Franche-Comté, c'est un mot de patois qui désigne de la poussière, des minons... On balaie le ch'ni, avec la pelle à ch'ni. On peut aussi avoir un ch'ni dans l'œil.

 

 

MAIS D’OU VIENT CE MOT ETONNANT ?

  

Sur wiktionary.org, on nous explique que le mot ch'ni [ʃni]  est très proche du chenil  [ʃǝ.nil] : le lieu où logent les chiens (sens propre), et par extension : un logement fort sale et fort vilain (sens figuré). Toujours selon wiktionary.org, en Franche-Comté, le ch'ni désigne le tas de poussière obtenu lorsqu'on balaie.  Le ch'ni viendrait donc, tout comme le chenil, du latin  canis (le chien).

 

Une recherche internet  vous confirmera que c'est typiquement local : quelques sites franc-comtois, savoyards, suisses, voire bourguignons… mais jamais plus loin !

  

  

EN SUISSE ROMANDE :

 

Commençons par la Suisse, car nous sommes nombreux à croire que notre ch'ni vient de là-bas... Nous allons vite déchanter !

  

Sur henrysuter.ch (termes régionaux de Suisse Romande et de Savoie) : Cheni, chenil, chenit : Choses, ou pièces en désordre. Du français chenil, qui avait au XVIIème siècle le sens de logement sale, dérivé du latin vulgaire canile (la niche).

 

Les suisses utilisent encore couramment ce terme : preuve en est sur le forum suisse de routard.com, une petite discussion sur les assurances et les mutuelles complémentaires : Greg écrit "C'est un peu le ch'ni ces assurances !".

 

Sur lausanne.bondyblog.fr, on apprend le Romand pour les nuls : le cheni : le désordre, le bordel. "La place de la gare à Genève, c’est un vrai cheni !"

 

  

EN SAVOIE :

 

En Savoie, le ch'ni est un mot patois désignant le bazar, le désordre... Il a exactement le même sens qu'en Suisse.

  

Sur reblochon.net, site traitant du parler savoyard, chenil se prononce ch’ni et signifie : choses ou pièces en désordre.

 

Sur patois-savoyard.com, ch'ni : endroit en désordre, vient du mot allemand "schnee"  (la neige)... le même sens ici... mais pas la même origine ! 

 

  

EN FRANCHE-COMTE :

 

Sur le site du village de Voillans (Doubs), le mot cheni, chenit ou chenis signifie : poussière, balayures.

  

La signification est donc différente... 

  

Dans "La Guerre des Boutons", Louis Pergaud utilise ce mot : "A quatre heures ce soir, j'suis de balayage, je le foutrai derrière le mur de la cour en venant vider le chenit".

 

On dit aussi souvent: "Avoir un cheni dans l'œil" ou "Faire des chenis". Ce mot vient probablement de chenil à cause de la saleté qui régnait dans ces lieux (toujours sur le site de Voillans).

 

   

EN BOURGOGNE :

 

D’après CristaldeSaintMarc, blogueuse de Châtillon-sur-Seine, cheni se dit de la poussière qui traîne dans une maison ou dans l'œil.

 

Marcel François, sur son site familial sur la famille Verpy, nous confirme qu'il a toujours entendu ce terme dans sa jeunesse à Montigny-sur-Aube : Cheni ou ch'ni : poussière : "avoir un ch'ni dans l'oeil".

  

On retrouve également ch'ni dans la rubrique patois sur rdvbourguignon.free.fr : ch'ni : poussière... "Y'a un ch'ni dans le carbu !"

 

Le sens du mot en Bourgogne est donc le même qu'en Franche-Comté... proximité oblige !

 

 

UNE TOUTE AUTRE HISTOIRE :

 

Alors ? Qu’en pensez-vous ? Canile (la niche) ou schnee (la neige) ? Le latin ? La Suisse ? L’Allemagne ?

 

J’ai une toute autre version : Il y a 25 ans, un prof d’Anglais du lycée Pergaud à Besançon (25 ans déjà !!!) m’a raconté une bien jolie histoire, restée gravée à jamais dans un petit coin de ma tête. C’était l’histoire du mot ch’ni et ça paraît tellement plausible que je vais vous la livrer ici, même si nulle part je ne retrouve cette version :

 

Il y a bien longtemps les colporteurs traversaient nos villages plusieurs fois par an... et nombreux venaient d'Italie, après avoir traversé les Alpes. Ils arrivaient, lourde balle sur le dos, pour venir vendre quelques articles... histoire de mettre un peu de beurre dans les épinards : quincaillerie, mercerie...

 

Les colporteurs vendaient cette fameuse pelle à feu, en métal, qui servait à ramasser les cendres. vous connaissez le mot "cendres" en italien ? "ceneri, ceneri"... je les entends d'ici... et j’imagine très bien nos ancêtres tenter de répéter "ceneri" avec leur fameux accent franc-comtois...

 

En suisse, on dit toujours la pelle à feu : en acier, en fer... pour les braises. Notre pelle à ch'ni à nous s’est transformée. Elle est aujourd'hui en plastique, comme partout, avec un petit rebord en caoutchouc.

 

 

NOUS VOILA BIEN AVANCES !

 

Et pourquoi pas deux origines pour deux sens différents ?

 

La pelle à cendres aurait donné le ch'ni (poussière) et la niche, endroit très désordonné, aurait donné le ch'ni (désordre) ? A moins que le sens ait évolué au fil du temps ou des distances et que le désordre, le bazar ne se soit réduit au tas de poussière !

 

... 

 

Promis, un de ces jours, je vous parlerai des colporteurs…

 

 

PS (message personnel au prof d'Anglais s'il arrivait par hasard un jour sur ce blog et s'il se reconnaissait) : Merci pour avoir été un prof génial... et nous avoir fait beaucoup rêver !

 

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 21:19


Expression franc-comtoise :

La Josette, elle n'arrête pas... Elle est toujours sur les quatre chemins !

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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 10:09


C'est ce que vous avez certainement pensé hier soir lorsque de violents orages se sont abattus sur la région...

Il s'agit d'une expression nationale, mais beaucoup plus utilisée dans notre région qu'à Paris... sans doute car il faut habiter à la campagne pour en saisir tout le sens !

Il suffit d'avoir assisté une fois au spectacle d'une vache qui pisse pour comprendre cette expression : il pleut énormément, il pleut des des cordes, il tombe des seaux d'eau...

Au Quebec, on dirait plutôt : "Il pleut à boire debout !", c'est plus élégant ! Si Pyres, l'ami Quebecois pouvait confirmer, ça serait sympa... Et pour reprendre son expression favorite : hu, hu, hu...

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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 16:34

Expression typiquement franc-comtoise signifiant avoir meilleur temps... euh pardon ! je vais essayer de le dire autrement... avoir intérêt, avantage.

Exemple : "A c't'heure-là, t'as meilleur temps de pas prendre le boulevard, sinon t'es pas rendu !"

Signification : A cette heure d'affluence, tu aurais intérêt de choisir une autre route que le "boulevard" (axe de circulation bien connu des Bisontins) sinon tu risques d'être retardé dans les embouteillages.

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