7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 17:49

 

Pour faire suite à mon article L'AFFAIRE LIP..., rubrique HISTOIRE, voici les principaux acteurs du conflit : 

 

 

Jean CHARBONNEL :

 

Né en 1927, Jean Charbonnel est un des derniers gaullistes de gauche ; normalien et énarque, il est agrégé d’histoire. Ministre du Général de Gaulle, il sera au parlement, au gouvernement, à la tête de l’UDR, un des jeunes loups, dans la mouvance progressiste incarnée par René Capitant et Louis Vallon.

 

Au moment où éclate le conflit Lip, il est ministre du développement industriel et scientifique du gouvernement Messmer. Contre les libéraux du gouvernement, il défend l’idée que le pouvoir politique doit intervenir dans l’économie et développe une grande politique industrielle.

 

Accusé de vouloir sauver Lip à tout prix, Jean Charbonnel sera débarqué du gouvernement lors d’un remaniement ministériel en février 1974.

 

 

Noëlle DARTEVILLE :

 

D’origine paysanne, formée par la Jeunesse Agricole Chrétienne. Noëlle Darteville fut avec Claude Mercet, aujourd’hui décédé, la principale déléguée CGT de Lip. Au moment du dépôt de bilan elle a été de ceux qui ont adhéré immédiatement à l’idée de fabriquer et de vendre les montres au profit du mouvement.

 

 

Fatima DEMOUGEOT :

  

Arrivée en France en 1962 à l’âge de 13 ans et demi, elle a déjà vécu la guerre d’Algérie. Après une installation et une expérience professionnelle difficiles en France, elle arrive à Besançon en 1967. Elle entre comme OS chez Lip, au vernissage des cadrans. Rapidement elle prend des cours du soir, passe sur les chaînes de montage, puis au contrôle qualité.

 

En mai 68, elle se syndique à la CFDT, participe à l’occupation de l’usine et aux négociations. Elle ne cessera plus de militer. A travers sa lutte pour l’emploi qui reste une valeur fondamentale, elle rencontre la réalité de la condition faite aux femmes et particulièrement à LIP, dont elle découvrira la surexploitation.

 

En 1987 Fatima fait face à une reconversion difficile. Elle s’oriente dans la formation professionnelle couplée d’une formation universitaire. Aujourd’hui, ses engagements sont associatifs ou individuels. Dans les quartiers, elle aide femmes, hommes, jeunes à faire ressortir l’image positive d’eux-mêmes, travaillant sur les problèmes de laïcité, de mixité et d’égalité.

 

  

Michel JEANNINGROS : 

 

Entré chez Lip en janvier 60 comme cadre supérieur, il était un collaborateur direct de Fred Lip et peut témoigner du despotisme incroyable de Fred par rapport à son état-major rapproché. Il adhère clandestinement à la CFDT en 1968 et sera dès lors un soutien inconditionnel du mouvement.

 

Michel Jeanningros est entré à l’action catholique ouvrière en 1973. Pendant le conflit, sa maison est ouverte à tous vents : s’y côtoient des journalistes, des étudiants, des militants du monde entier. Il est alors un membre actif du comité d’action, particulièrement chargé de la revue de presse quotidienne.

 

Il est aujourd’hui « l’archiviste » de Lip, il continue à recueillir et classer tout ce qui a trait au conflit. Grâce à lui, 9 mètres de rayonnages attendent les historiens aux archives départementales du Doubs.

 

  

Charles PIAGET :

 

Né en 1928, Charles Piaget est un militant syndicaliste, particulièrement actif lors du conflit social de l’entreprise d’horlogerie Lip dans les années 1970 où il aura été une figure emblématique du mouvement autogestionnaire français.

 

Salarié chez Lip depuis 1946, Charles Piaget s'est syndiqué à la CFTC dès 1949, puis, à la suite de la scission de ce syndicat, a pris sa carte à la CFDT. Mais c'est après le dépôt de bilan de Lip en 1973 et la menace de fermeture de l'usine de Palente à Besançon que va se déclencher le conflit durable qui va retenir l'attention des médias et faire la notoriété de Charles Piaget.

 

La candidature Charles Piaget à l'élection présidentielle de 1974 est proposée par une minorité du parti. Elle échouera, notamment à cause de la décision de la majorité du PSU (conduite par Michel Rocard) de se rallier à la candidature d'union de François Mitterrand.

 

 

Jean RAGUENES : 

 

 Son parcours n’a rien à voir avec celui de Charles Piaget , Roland Vitto ou Raymond Burgy. Il n’est entré chez Lip qu’en mai 1971, comme OS. Prêtre dominicain issu d’une famille bourgeoise de Bretagne, il a d’abord été éducateur pour l’enfance inadaptée, puis novice dans un ordre contemplatif, le Carmel, avant d’entrer chez les Dominicains. C’est donc avec un bac plus 10 qu’il se fait embaucher chez Lip au plus bas de l’échelle. En arrivant à Besançon, il considère son travail chez Lip comme alimentaire, et s’intéresse peu à la vie de l’entreprise. Il veut reprendre une action militante en direction des délinquants et installe dans sa maison une sorte de communauté ouverte pour les accueillir. Ses sympathies politiques sont plutôt "mao".

 

Lorsqu’éclate le conflit en 1973, il s’engage et devient l’un des animateurs du Comité d’Action dont la réflexion et les actions, parfois provocatrices, seront souvent décisives pour l’avancée de la lutte.

 

On le retrouve aujourd’hui au Brésil, où il est parti combattre aux côtés des paysans sans terre et des Indiens spoliés par les grands propriétaires terriens.

 

 

Raymond BURGY : 

 

 C’était le jeunot de l’équipe, arrivé chez Lip en 1965. Il a été sous-officier en Algérie et en a gardé un certain goût du commandement et des responsabilités. Grand organisateur de la clandestinité, il sera le garant de la gestion des montres et de l’argent.

 

Il a payé très cher son engagement dans la lutte, une hostilité que certains lui vouent encore aujourd’hui. Très intéressé par les problèmes d’organisation du travail, il acceptera, après la reprise, de seconder le nouveau patron de Lip, Claude Neuschwander, ce qui lui vaudra des accusations de traîtrise qui l’ont profondément marqué.

 

Aujourd’hui, il aide des jeunes en très grande difficulté à s’insérer dans le monde du travail et s’occupe activement d’une association de handicapés.

 

 

Rolland VITTO : 

 

Entré chez Lip en 1952, volontaire et combatif, il s’est rapidement présenté à Charles Piaget pour lui signifier son désir de militer avec lui. Comme lui, il appartient à l’Action Catholique Ouvrière (ACO) et la référence chrétienne est pour lui très importante. Pendant des années, ils vont s’atteler à la construction d’un véritable syndicat, compétent et combatif, au sein de l’usine Lip.

 

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Published by Eilvys70 - dans GRANDES CAUSES
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commentaires

BACLET 08/03/2012 18:50


J'ai personnellemnt connu FATIMA DEMOUGEOT lors du conflit LIP la vente de montres et après. Je l'ai perdu de vue vers 1986 Je la recherche pour avoir de ses nouvellesQuelqu'un peut il m'aider?
Merci d'avance.