1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 22:35
Ce texte vient compléter mon article : VICTOR HUGO, rubrique GRANDS HOMMES.


Victor Hugo en 1829


CE SIECLE AVAIT DEUX ANS

Ce siècle avait deux ans !
Rome remplaçait Sparte,
Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte,
Et du premier consul, déjà, par maint endroit,
Le front de l'empereur brisait le masque étroit.
Alors dans Besançon, vieille ville espagnole,
Jeté comme la graine au gré de l'air qui vole,
Naquit d'un sang breton et lorrain à la fois
Un enfant sans couleur, sans regard et sans voix ;
Si débile qu'il fut, ainsi qu'une chimère,
Abandonné de tous, excepté de sa mère,
Et que son cou ployé comme un frêle roseau
Fit faire en même temps sa bière et son berceau.
Cet enfant que la vie effaçait de son livre,
Et qui n'avait pas même un lendemain à vivre,
C'est moi.

Je vous dirai peut-être quelque jour
Quel lait pur, que de soins, que de voeux, que d'amour,
Prodigués pour ma vie en naissant condamnée,
M'ont fait deux fois l'enfant de ma mère obstinée,
Ange qui sur trois fils attachés à ses pas
Epandait son amour et ne mesurait pas !
Ô l'amour d'une mère! amour que nul n'oublie !
Pain merveilleux qu'un dieu partage et multiplie !
Table toujours servie au paternel foyer !
Chacun en a sa part et tous l'ont tout entier !

Victor HUGO (1802-1885)


Victor Hugo en 1882

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Published by Eilvys70 - dans FOURRE TOUT
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commentaires

Pierrot 02/05/2009 08:12

Je crois qu'il ne faudrait pas longtemps avant que je ne la sache à nouveau par coeur !